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La bête du Gévaudan Un peu d'histoire

Les grands moments de l'histoire de la Lozère au travers de l'Histoire ou des histoires, des contes et des légendes, ou des chroniques locales.

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Le chemin de Compostelle

En venant du Puy-en-Velay, "la route des Bourguignons et des Teutons " - un des quatre chemins qui menent à Puente la Reina en Espagne et de là, par une seule voie, jusqu'à Compostelle et la sépulture supposée de saint Jacques, apôtre et chevalier " matamore ", autrement dit " tueur de Maures " -, franchit les monts de la Margeride.

Aujourd'hui, le GR 65 épouse le tracé du chemin de Compostelle, ses splendeurs comme ses obstacles. Il traverse l'Aubrac puis redescend jusqu'à la vallée du Lot avant de rejoindre les Pyrénées par les causses du Quercy, la Gascogne, le Béarn, Saint-Jean-Pied-de-Port et Roncevaux.

A partir du gros bourg d'Aumont-Aubrac (Lozère), recroquevillé au pied du plateau de l'Aubrac qui se dresse comme une épaule gigantesque, le pèlerinage prend son envol. Le chemin monte à travers pâtures et forêts en suivant les drailles de transhumance des troupeaux. Soudain, il débouche sur le ciel. Pour un pèlerin, c'est évidemment un signe. Le simple marcheur, lui, est ébloui. L'immensité le saisit à la gorge, l'immensité du vide. Voici l'Aubrac, un espace de plein ciel, herbu, pierreux, saturé de nuages et de vents. Le paysage semble voué, comme consacré, au voyage initiatique et au cheminement intérieur. L'Aubrac s'affirme comme une patrie pour les mystiques, religieux ou non. Au croisement des départements de la Lozère, du Cantal et de l'Aveyron, l'ondulation illimitée du plateau se présente toujours comme un acte de foi. Ne fallait-il pas croire aveuglément en sa bonne étoile, au Moyen Age, pour emprunter ces sentiers battus de tempêtes où les brigands et les loups guettaient les voyageurs ? Afin d'éradiquer les uns et les autres, les autorités de l'époque ne trouvèrent rien de mieux que d'abattre les forêts de hêtres et de chênes qui leur servaient de refuge.

Aujourd'hui encore, mieux vaut disposer d'une bonne dose d'optimisme et de soif d'absolu, ainsi qu'un goût immodéré pour la nature et ses épreuves, pour se lancer sac au dos sur les chemins du plateau. Au sein de cette désolation sublime, où l'habitat humain est rare et le commerce quasiment absent, l'hiver dure neuf mois et la grêle frappe en plein été. Climat impossible, terre ingrate: c'est bien pour ça qu'il y a un siècle les premières vagues d'immigrés auvergnats partirent d'ici, abandonnant le plateau à ses vents de misère pour gagner la capitale avec, pour tout bagage, du foin dans les sabots et, solidement accrochée au coeur, l'espérance des pauvres.

Les pèlerins reviennent par milliers sur cet itinéraire considéré, avec son étape de l'Aubrac, comme le plus beau mais le plus difficile des chemins de Saint-Jacques. On les distingue à leur bâton - le bourdon - et à la coquille cousue sur le sac. Ils sont rejoints par des milliers d'autres personnes, randonneurs profanes qui ne craignent ni la frugalité des bivouacs ni les dégoulinades de pluies et de sueurs, promeneurs d'occasion saisis par la magie brutale des lieux ou rêveurs errants, curieux de retrouver des fragments d'humanité laissés par le temps au détour des chemins et des hameaux. Amoureux fous des horizons infinis, des lumières d'océan baroque balayant les herbages et des silences polyphoniques qui s'y rassemblent, pèlerins ou profanes, croyants ou athées, ils se ressemblent, et pas seulement à cause de leur harnachement fatigué de marcheurs ou de leur mine épuisée mais heureuse: pour tous, le parcours et les événements du voyage sont une valeur en soi, quel que soit le but à atteindre, balade touristique épreuve, retour sur soi, affrontement avec l'espace, purification ou salut éternel.

Le chemin parcouru est plus spirituel que religieux. C'est un outil culturel à remonter le temps. Pèlerins et randonneurs d'aujourd'hui suivent un parcours de mémoire, redécouvrant les traces d'une civilisation rurale largement oubliée mais génitrice. Resurgit alors tout un patrimoine modeste d'hommes modestes, alliance du paysage et de la vie, relation familière de l'homme à son environnement qu'on s'efforce désormais de préserver et de réhabiliter. Ici un pont enjambant un ruisseau, là un muret protecteur, ici une chapelle, une grange, un bistrot, là une mare, un tas de pierres, un vieil arbre.

Le temps de la traversée de l'Aubrac, étendue sauvage dont on pourrait croire les hommes bannis, les témoignages s'accumulent sur ce passé rural qui nous est commun. Au milieu des troupeaux de vaches à robe de miel et aux yeux charbonneux, quelques villages serrent leurs maisons de pierres épaisses et de lauzes grises. Nasbinals, sa robuste église de lave; Aubrac et sa domerie (hôpital), dont les bons moines soignaient les pauvres et protégeaient les pèlerins, et dont il ne reste que l'église, la tour dite des Anglais qui abritait les chevaliers chargés de la police de la route, la cloche des perdus et le petit cimetière; l'ancien sanatorium où l'on envoyait en " cure d'air " les tuberculeux de Paris; le château de la Baume, surnommé "le Petit Versailles de la montagne"; les hameaux immuables et hiératiques de Malbouzon, Marchastel et Rieutort; les burons où les vachers vivaient avec leurs bêtes, leur fromage et leur laguiole ; les puechs arrondis et, au milieu, le lac des Salhens et sa cascade du Déroc où les brigands précipitaient leurs victimes; la croix des Trois-Evêques, qui marque la rencontre des trois départements et même des trois régions, et les multiples autres croix de pierre élevées par les pèlerins, chacun y attribuant le sens qu'il souhaitait; le pont des Nègres (du nom de la couleur des truites qui s'y ébattent); le lac Saint-Andéol, seul lac sacré de France, recouvrant sa légende sombre.

(d'aprés Jean-Paul Besset - Le Monde été 1999)

Pour en savoir plus : www.webcompostella.com

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Les camisards
Nous sommes en 1702. Les camisards, des paysans protestants (calvinistes), vivent dans les Cévennes (ainsi d'ailleurs que dans la plaine, grande partie du Gard) après les persécutions qui suivirent la révocation par Louis XIV, en 1685, de l'édit de Nantes (1598), qui garantissait la liberté religieuse.

Menés par les "inspirés", des prophètes religieux, ils décident de délivrer les prisonniers du Pont de Montvert, ce qui deviendra ensuite une véritable révolte contre Louis XIV.

Menés par des chefs dont principalement un fils de paysan, Jean Cavalier, un boulanger, les camisards pratiquent contre les troupes royales des actions de guérilla à partir de la plaine tandis que d'autres troupes agissent à partir leurs forteresses dans les montagnes. Durant leurs attaques nocturnes, ils portent des chemises blanches "camiso" en languedocien. (c'est l'une des hypothèses pour expliquer le nom de camisards qu'on leur donne, mais pas la seule)

La révolte débute le 24 juillet 1702 par l'assassinat de l'abbé du Chayla, au pont de Montvert. Des églises catholiques sont incendiées et leurs prêtres tués ou forcés à fuir. Les religionnaires brûlent d’une ardeur mystique non moins exterminatrice que la rage de leurs ennemis.

Les soldats du roi dirigés par le maréchal de Montrevel rasent plus de 450 villages, tuant parfois tous leurs habitants lorsqu'ils étaient restés au village au lieu de se regrouper dans les bourgs. Ils chassent des familles entières, les rebelles meurent de faim et de froid. Pendant cette phase "le brûlement" on dénombre plusieurs centaines de victimes. On estime les victimes totales à 12 000.

La méthode forte de la répression est sans résultat. Les camisards parviennent à constituer une armée.

En 1704, le commandant des forces royales, le maréchal de Villars, partisan de l'apaisement, rencontre Cavalier et compose avec lui.
 

Cavalier fait soumission à Nîmes en mai 1704, obtient un brevet de colonel de l'armée française et une pension, il part pour l'Angleterre. Devenu soldat de métier, il servit l'Angleterre en Espagne, fut nommé général de l'armée britannique puis gouverneur de l'île de Jersey. 

L'insurrection se poursuit avec la majorité des camisards qui refusent les propositions de l'autorité royale demandent la restauration intégrale de leurs droits garantis par l'édit de Nantes. Ils se rendent néanmoins quasiment tous avant la fin de l'année 1704.

Différents chefs se succédent mais sont pris et exécutés. Malgré un regain (tentative d'insurrection en Vivarais) en 1709, la révolte s'éteint au moment de la mort, abattu sur le toit du mas de Couteau près d'Uzès, du prophète Abraham Mazel.

Pour en savoir plus : www.camisards.net
Merci à Pierre ROLLAND pour ses remarques et sa contribution à notre site.

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La légende de la coquille

Au temps du Bienheureux Théodomir, évêque de Compostelle, un chevalier longeait la mer sur les Côtes de Galice. Un monstre marin attaqua alors son cheval et le précipita dans la mer. Ne sachant pas nager et se voyant perdu, le chevalier invoqua l'Apôtre Saint Jacques envers lequel il avait une grande dévotion. Touché par la confiance mise en lui, Saint Jacques apparut au moment on le chevalier allait être entraîné dans les flots par le monstre. Saint Jacques marchait sur les eaux et il était environné d'une lumière étincelante.

Autour du chevalier, l'eau se sépara en deux, laissant voir le fond de la mer Couvert de coquilles. Saint Jacques prit doucement le chevalier dans ses bras et le plaça dans une vague qui l'emporte vers le rivage. Encore tout impressionné, le chevalier vit l' Apôtre disparaître lentement, toujours entouré de lumière, avec des coquilles fixées sur son vêtement en guise d'ornement et il s'aperçut alors que lui-même était couvert de coquilles.

Le chevalier raconta son aventure miraculeuse aux pèlerins de Compostelle qui virent là un symbole et adoptèrent immédiatement comme emblème la coquille qui reçut le nom de"coquille Saint Jacques".

Légende rapportée par J. Warcollier.

Mais l'on peut considérer, tout simplement, que la coquille était le signe de reconnaissance qui permet de situer l'individu dans le groupe et le groupe dans la société.

Avec la coquille, se fixe peu à peu la panoplie stéréotypée du pèlerin de Saint Jacques: le bourdon à la main, la panetière au cou, le grand chapeau sur la tête, l'ample manteau sur les épaules et plusieurs coquilles cousues sur chaque pièce de vêtement.

(d'après Roger Lagrave en partenariat avec les éditions Gévaudan Cévennes)

Pour en savoir plus : www.webcompostella.com

le chemin de Compostelle