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La Lozère et la Poésie

Découvrez comment les poètes lozériens parlent de la Lozère. Les mots, la richesse de ces textes sont autant de compliments pour la Lozère. Ils sont des invitations supplémentaires à venir voir sur place les raisons d'une telle inspiration.

Pour revenir sur la page Littérature

André Arnal : Désolation André Arnal : Symphonie en causses majeurs
Alphonse Salafia : J’ai habité ce pays autrefois Marcelle Durand : Ma Lozère
Alphonse Salafia : Enfant, je vivais dans ce pays Marcelle Raymond Galière : Bergers
Alphonse Salafia : Unilunaire Raymond Trébuchon : Que tu es beau Ô mon pays
Didier Bonnal : Ma Lozère Raphaël Zacharie de Izarra : Un froid mortel

André Arnal

André Arnal habite Le Rozier. Après une longue carrière passée à PARIS dans l'édition, la littérature enfantine, il est revenu retrouver ses racines au bord des Grands Causses. Son goût pour les lettres et pour la pédagogie l'amène à s'investir, tant pour aider les jeunes que pour faire découvrir son pays. Il contribue ainsi à l'édition de livres centrés sur les traditions, le folklore, le patrimoine. Pour son plaisir, il écrit. Des contes, des récits, des poèmes.

Découvrons ce poème qu'il nous propose, Désolation, inspiré après qu'un incendie ait détruit des centaines d'hectares de forêts sur le Causse Méjean.
(voir des images de cet évènement incendie sur le Méjean).

DESOLATION

Les arbres, comme autant de vieillards rachitiques,
Flanqués vers l'horizon sur les escarpements,
Ainsi que des damnés sous le fouet des tourments,
Tordent de désespoir leurs torses fantastiques.

Tels de noires et grimaçantes statues,
Brulés vifs dans la force de l'âge,
Défigurés, anonymes, ça et là abattus,
Un rictus désormais leur tient lieu de visage.

Ils étaient pourtant beaux et de très noble allure,
Lorsque leur front déclinait l'éclat de leurs charmes,
Quand frissonnait au vent leur ample chevelure,
Après l'ondée comme pour essuyer leurs larmes.

Leurs voix se sont tues , ils n'ont plus de parfum,
Ils ne parlent plus que de cette brulure,
Qui, un soir d'été, les a faits défunts,
Et fixés à jamais en de sombres sculptures.

André Arnal - DESOLATION 2003
début

SYMPHONIE EN CAUSSES MAJEURS

Depuis la nuit des temps
Infinie, singulière
Tu écris à ta manière
Les amours éphémères
Des éléments

Monde vivant
Suspendu à ton ciel
Du passé au présent
Singulier et pluriel
Tu mesures le temps

Et les soirs de colère
Dans ton ciel qui s'envenime
Le rictus de l'éclair
Grimace sur tes cimes

Signature sévère
Mystérieuse et sublime
Qui imprime un instant
Ton faciès inquiétant
Sur un film en noir et blanc

Ta mémoire est si grande
Que je perds parfois
Sur tes crêtes
Tes arêtes
Dans ta gorge
Où il se forge
L'écho qui me parle de toi

Et lorsque je tutoie le vide
Au delà de la peur
C'est ta voix qui me guide
Sur la sente du bonheur

Oui !
Tu es une symphonie
Toujours inachevée
Sans cesse recommencée
Tu mets l'émotion en musique
Sous la baguette magique
De Dame Nature
Qui bat la mesure

La rime de tes vers
Semée à tous les vents
A l'endroit à l'envers
Apaise mes tourments

Tu es le sanctuaire
Où mon âme solitaire
Ne peut que se taire
Pour sublimer l'instant
Et le garder longtemps

Et lorsque sur ta nudité
J'ose un regard pudique
Tu te fais soudain ludique
Et m'invites à jouer

Tu veux qu'on te désire
Coquette, sans le dire
Qu'on t'embrasse d'un regard
Sans piquer un fard

Au cœur de la montagne
Le jour ou bien la nuit
Ta chanson m'accompagne
Je suis de ton Pays

Alors parlons ensemble
D'un seul cœur, par magie
De concert et d'harmonie
Sur un air de nostalgie
Dansons l'amour qui nous assemble
Chantons l'espoir qui nous unit

Haute terre près du ciel
Tu côtoies l'essentiel
Tu caresses les nuages
Tu inventes des mirages
Et quand tu de dévoiles
Dans un souffle d'éternité
Ton cœur dans les étoiles
Pose pour la postérité

André Arnal - SYMPHONIE EN CAUSSES MAJEURS

Alphonse Salafia

Originaire de Saint-Chély d'Apcher, mais vivant dans le Nord, Alphonse Salafia y a gardé de nombreuses attaches, ce qui lui donne l'occasion d'arpenter à loisir sa terre natale. Ses photos ont été plusieurs fois primées en tant que photos du mois, et il nous avait le cadeau d'une somptueuse exposition : Lozère, pierres et [morceaux de] paysages. Il nous montre aujourd'hui une nouvelle facette de son talent de poète qui exprime le froid du Nord et de la ville (sans doute par opposition aux espaces de la Lozère) et surtout un coeur qui bat.
Retouvez Alphonse Salafia sur son blog : la mano dell uomo

UNILUNAIRE

Faire les soleils
Dans la nuit
Et les regards sucrés

Faire le parfum
L'arbre
Et la fleur jamais coupée

Faire les silences
Les villes bleues
Les fleuves forts

Faire les sommeils
Comme un réveil
Cerclé d'étoiles

Faire et défaire
Toutes les vagues des mots
Tous les gestes connus

Poser ses lèvres
Sur les yeux fermés

Poser son coeur
Sur les yeux ouverts

Te revoir
Blonde fumée
Chaude
Nuit magique
De mes couleurs

Toujours pareille

Te revoir
Avec ton corps
Chaud
Dans le froid
De l'ombre

Avec ton soleil
A pleurer

Te revoir
Te croiser

Oublier

Où les blé sont coupés
C'est la fin de l'été...

Alphonse Salafia - UNILUNAIRE 1983
début

ENFANT, JE VIVAIS DANS CE PAYS
Enfant
Je vivais ce pays
Je le respirais simplement

Je le buvais
Comme on boit
L’eau de la source

Je le regardais
Comme on regarde
Le ciel et les nuages

Je le voyais
Comme on voit
Le blé pousser

Il était là
Comme l’arbre
Est toujours présent

Ce pays simple et froid

Dur

Et tendre
Pourtant

Ce pays d’eau
Et d’oiseaux

De loups
De cailloux

Ce pays de vipères
Et de chemins de terre

Lozère
Comme une pierre
Qui garde son mystère...
Alphonse Salafia - 1er & 3 mai 2004
début

J’AI HABITE CE PAYS AUTREFOIS
Copyright : Alphonse Salafia J’ai habité
Ce pays
Autrefois

Il y a longtemps
Quand j’étais enfant

Ma mère
Y est née

Et moi
Quelques temps après

Aujourd’hui
Elle n’est plus

Elle dort
Pour toujours

Dans cette terre
De pierres
Et d’amour

Cette terre
Lozère
De pierres et d’amour…
Alphonse Salafia - 4 mai 2004
début

Didier Bonnal

"L'art ne fait que des vers, le coeur seul est poète" écrivait André Chénier. Cela se vérifie sur toutes les pages de la poésie douce et reposante de Didier Bonnal, dictée par les élans de son coeur. Le brin de nostalgie que le poète porte en lui fait partie de sa nourriture quotidienne. Ici tout est Amour : celui que l'on véhicule en soi, et que l'on veut dispenser généreusement à son entourage. Léon Bourrier Lyre d'Or 1990

Il n'est nul besoin de présenter plus avant le poète Didier Bonnal, découvrons l'un de ses secrets de troubadour.

Pour vous procurer le livre de Didier Bonnal.

Ma Lozère

Qu'elle est belle ma Lozère
Quand elle s'endort pour l'hiver
Qu'elle est belle ma Lozère
Quand elle renaît pour l'été

La Margeride vous accueille
Avec ses ruisseaux de pêcheurs
Avec dans l'ombre de ses feuilles
Un feu de bois brûlant la peur
La vérité de la récolte
Sous le mois royal de juillet
Déloge toutes les révoltes
Puis fait face aux jeunes mariés

Qu'elle est belle ma Lozère
Quand elle s'endort pour l'hiver
Qu'elle est belle ma Lozère
Quand elle renaît pour l'été

Sur les Monts d'Aubrac on rencontre
Quelques vaches et quelques taureaux
Un cantalès dans la pénombre
Prépare un bon aligot
Sur des sentiers de promenade
Longeant les lacs et les forêts
On se retrouve par mégarde
Au fond d'un village isolé

Qu'elle est belle ma Lozère
Quand elle s'endort pour l'hiver
Qu'elle est belle ma Lozère
Quand elle renaît pour l'été

Puis quand les Causses vous invitent
A goûter leur fromage fort
Vous devenez un peu trop vite
L'intime image de leur sort
Les chardons se mettent en fête
Autour des brebis, dans les blés
Un berger entame la sieste
Où le soleil s'est affalé

Qu'elle est belle ma Lozère
Quand elle s'endort pour l'hiver
Qu'elle est belle ma Lozère
Quand elle renaît pour l'été

On parle beaucoup des Cévennes
Avec Chabrol et Stevenson
Un Parc National sur les veines
Mais connaît-on leurs vraies chansons ?
Il faut marcher dans leur courage
Pour expédier une photo
Aux futurs visiteurs sauvages
Qui confondraient avec Rio

Qu'elle est belle ma Lozère
Quand elle s'endort pour l'hiver
Qu'elle est belle ma Lozère
Quand elle renaît pour l'été
Didier Bonnal - Les secrets du troubadour - 1991

début

Raymond Trébuchon

Président des Lozériens de Paris, de la ligue auvergnate, ardant défendeur de la Lozère au travers la remise annuel du Genêt d'or à la personnalité la plus représentative du département, Raymond Trébuchon est l'auteur de ces vers, véritable cri d'amour à la Lozère.

Que tu es beau Ô mon pays !

Quand le soleil d'été
Inondes tes maisons
Quand le chant des grillons
Fais bruire tes enclos,
Quand le vent sur tes blés
Déroule son tapis,
Quand les genêts éclos
Embaument les taillis,

Que tu es beau,
Ô mon pays !
Que tu es beau,
Ô mon pays !
Quand ta jeunesse en fleur
Danse un air de bourrée,
Entourée des anciens
Aux gueules burinées
Par toutes tes rigueurs,
Et quand du vieux clocher,
Qui est ton vrai gardien,
L'angélus de cristal
Enrobe de douceur
Mon rêve vespéral.
Raymond Trébuchon - juillet 1994
début

Marcelle Raymond Galière

Marcelle Raymond Galière est née au Born le 8 juin 1922. Elle parle de son terroir , de sa vie, de ses enfants et petits enfants, avec authenticité et simplicité, mais aussi avec une richesse de coeur qui transparaît à chaque mot. Nous avons choisi de vous présenter deux textes intitulés tous les deux "BERGERS".

BERGERS

Je les ai vus paraître en nos chemins d'automne
Et leurs regards parlaient à nos vies monotones
Des regards où brillaient les feux de la Saint Jean.

Et ces regards parlaient de douceur, de printemps...
Et piquetaient nos vies comme ces vers luisants
Qui bordent nos chemins, en Juin les soirs de fièvre
Les soirs d'orage lourds, où les charrois pesants
Gravissent le chemin, pleins de foin odorant.

Ces chemins où s'ouvrent les yeux des églantines
Chemins silencieux et ouatés de nuit
Et pénétrés de lune se glissant sans bruit.
De ces chemins du soir où l'on entend chanter
Mystérieuse voix, un crapaud attardé...

Les paisibles bergers dont les pas lourds résonnent
Tant au long des chemins parsemés de cailloux
Les paisibles bergers.  Les bergers de chez nous.

Au bord du chemin noir où leurs pas déambulent
On voit parfois le soir un petit feu briller;
C'est l'humble ver luisant qui guide les bergers.

Dans les chemins de Juin tout d'orage chargés
Et comme empanachés de fauve odeur de foin
Seuls et méditatifs, ils passent à pas lents.

Une étoile tremblote dans le firmament
Au bord de l'églantier une fleurette s'ouvre
Sur le monde assoupi, fraîche, la nuit descend.

Et dans la paix du soir un nuage recouvre
La lueur pailletée de la lune d'argent.
Les graves bergers, eux, arrivent hésitants.

Ils nous viennent des monts. Ils nous viennent de loin
Et ils viennent choquer les portes qu'on leur ouvre
Leurs yeux sont étoilés des feux de la Saint Jean.

Marcelle Raymond Galière - POEMES 1989
début

Marcelle Durand

Mendoise comme Didier Bonnal, elle exprime au travers de ce long poême intitulé comme celui de Didier Bonnal "Ma Lozère", l'hommage que lui inspire la Lozère. C'est un véritable guide pour visiter le département.

Ma Lozère

Dans le Languedoc-Roussillon,
La grande Auvergne... Tu as un nom ;
Ce nom si doux, c'est "LA LOZERE",
Dite à tort : "Pays de misère" !

Tu donnes source à des cours d'eau ;
Certains iront jusqu'à Bordeaux,
Le Lot, le Tarn, dans la Garonne
Se jetant, sans que cloche sonne !
Les fleurs des prés, les nielles des blés,
Les coquelicots et les bleuets,
La gentiane, la violette,
Le genêt d'or, la pâquerette,
Feront des bouquets, des boissons,
De très efficaces potions,
Ou des parfums bien délicats...
Du MONT-LOZERE : les "pieds de chat".
Les champignons dans les forêts,
Fraises, myrtilles et autres baies,
Seront cueillis dévotement
Par les adultes et les enfants !
La truite glissant sous le rocher,
Lièvre, lapin et sanglier,
Perdrix, faisan, coq de bruyère,
Qui s'envolent dans la clairière,
Sont la joie d'habiles pêcheurs
Et le bonheur d'adroits chasseurs...
Les cordons-bleus, des plus experts
Les préparent : mettons les couverts !
Tes élévages de troupeaux,
Fromages, saucisses et jambonneaux,
Se sont faits des réputations,
Sans concurrence nous l'affirmons !
Tes eaux de sources, tes eaux thermales
Nous donnent leur force vitale...
Voisins de la "TRAPPE", buvons
Son vin, avec modération !
Tes bois s'empourprent à l'automne
Sont féerie... Il n'est personne
Qui ne puisse s'en émerveiller...
Cela, sans jamais se lasser !
Si célèbre est SAINTE-ENIMIE !
Bien protégés ses habitants...
La quitter est vraie nostalgie
Pour un grand nombre d'estivants !
Gorges du TARN et de la JONTE,
Le DARGILAN... L'AVEN ARMAND,
Ce sont des lieux d'où l'on remonte
Pleins d'émotions... Tout en rêvant !
Tu as coteaux, plaines et vallons,
Et surtout de bien jolis monts :
Pic de FINIELS, le MONT-MIMAT ;
Lieu d'ermitage de SAINT-PRIVAT !
Sur tes pentes, l'on peut skier,
Et tes sommets escalader...
Camper au bord de la rivière
Ou se mirer dans la TRUYERE !
Ta cathédrale a deux clochers !
Le pape URBAIN V peut saluer,
Sur la place qui porte son nom,
Les visiteurs de toute nation !
Tes châteaux forts et tes églises,
Tes croix de pierre, narguent la bise ;
Tes croix de fer, sur les chemins,
Montrent SAINT-JACQUES aux pélerins !
A CHATEAUNEUF quand DU GUESCLIN
Mourait par un triste destin,
A-t-on prié la VIERGE NOIRE ?
Ne le raconte pas l'histoire !
De MARVEJOLS, le duc de JOYEUSE,
Fît une ville malheureuse,
Lorsque qu'HENRY IV régnera,
Grâce à lui, l'on reconstruira !
Sa statue, auprès de la voûte,
Surveille-t-elle l'autoroute
Qui de nos jours fait parler d'elle
Et de l'antique citadelle ?
La Bible du Chanoine OSTY
Dit bien haut que notre pays
N'est pas que ciel bleu et air pur,
Mais intelligence, pour sûr !
De grands évêques t'ont servie,
Des missionnaires, hors patrie,
Ont porté la foi à leurs frères...
D'autres ayant dû quitter leurs terres,
Y reviennent à la belle saison,
Comme l'on rentre à la maison...
Rendent visite aux cimetières,
Portant des fleurs, faisant prières !
Le journal qui te dit "Nouvelle"
A ton esprit reste fidèle ;
Il relie villes et chaumières,
Même au delà de nos frontières !
Il y aurait tant de choses à dire...
Tant de poèmes à écrire,
Sur le passé, sur le présent,
Car nous voyons à tout moment,
Hommes et femmes, de leurs mains,
Préparant de beaux lendemains,
Pour toute communication,
Routes, sports, sciences, éducation !
Chansons, cabrette et farandole,
Nous mènent dans une ronde folle,
Pour faire le tour de la planète,
Louant "LA LOZERE" à tue-tête...
Entraînant tous les auvergnats,
Jusqu'aux présidents et aux forçats...
Que tombent les murs de la prison,
Et qu'il y pousse fleurs et gazon !
Toi, le loup, dans le GEVAUDAN,
Ne sois que souvenir d'antan...
A SAINTE LUCIE, bien logé,
Vis heureux, tu es protégé !
Chère LOZERE, voilà l'hommage
de mon coeur... Il me paraît sage !
Reste pour nous tous la bien-aimée,
Terre bénie... Où je suis née !
Marcelle Durand - mai 1996
début


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